Assurances américainesavion : voyages-voyages - Écrit le 2000-06-21 à 02:17:02Ouuuaah. Tiens pas de bip. Il est 7h30.7H30 !!!! JE VAIS ÊTRE EN RETARD !!!! Aujourd'hui on devait commencer à 7h, j'ai peu d'espoir d'être àl'heure. Je me douches, rases, lave les dents, prends une pomme, m'habille avecles nouvelles chaussures et en route. Je reviens 1 minute après carj'avais oublié de brancher la climatisation. Arrivé sur place, pas un résident ni un interne. Je demande où ils sonttous, « au bloc » me répond t-on en coeur ! (Suite en cliquant sur « Donner votre avis ») En voilà un qui passe ; il regarde quelques sites internet et un bouquin sur l'extrophie vésicale. L'intérrogeant sur son centre d'intérêt, il m'apprend que ce matin on a une opération corrective d'extrophie vésicale, rare semble t-il ; ce n'est pas une simple plastie mais une reopération pour augmenter la taille de la vessie. Bon, je vais me mettre en pyjama vert (bizzare ce vert, en Europe on utilise du bleu), fermer mon casier, et en route vers la salle d'opération. Je ne la trouves pas. Mon sens de l'orientation hospitalier n'est pas encore très au point ; un anesthésiste me fera faire une visite guidée des chemins menant au blocs, très appréciable pour les journées suivantes. Là, ils n'en sont qu'à la péridurale ; j'en profites pour regarder un peu le matériel utilisé. Je vois notamment une feuilles avec aimants pour placer contre le champ opératoire, un coussin gonflable chauffant pour la tête de l'enfant, et une colle biologique en tubes sécables, choses que je n'avais pas encore rencontrées en France. Bon, l'opération commence ; 2 internes sont en tenue, un prof et un 3e année ; j'ai l'impression d'être en surnombre. Dixit le chirurgien, urologue spécialisé dans les enfants, l'opération va être longue. Effectivement, commençant à 10h, il n'avait pas encore fini à 17h lorsque je suis parti ! À mini, l'infirmer aide opératoire est remplacé pendant 10 minutes par un autre, le temps d'aller manger, ce qui fait entre l'allée et le retour 2 tenues inutilement facturées au patient :-) Pourquoi ne pas garder le nouvel infirmier le reste de l'opération, surtout pour sortir et ranger des instruments ? Un interne va faire lui 4 allés-retours, assistant à 2 opérations en même temps, et autant de plus de facturé au patient ! En parlant de facturation, il y a dans le coin un ordinateur avec une infirmière qui comptabilise soigneusement tout le matériel utilisé, avec le prix, à la fois pour facturer le patient et renouveller les stocks. Mais à part les tenues, les chirurgiens sont plutôt économes, réutilisant le vycril jusqu'au dernier centimêtre, les compresses jusqu'à ce qu'elles soient uniformément rouges, les matériels d'endoscopie déballés même si la taille n'est pas la plus confortable pour le chirurgien... Et pas une seule blague sur le patient ! On parle à la place de films, d'actualité, le professeur nous intérroge sur l'opération ou sur ses cours (j'ai assisté la semaine dernière à son cours magistral sur l'urologie pédiatrique). Il est assez jeune, dans les 35 ans, et très sympathique ; en parlant du dernier film de Samuel Jackson que j'ai vu dimanche, puis des chiens chauds et beignes que l'on a engloutis à midi en 10 minutes ("hot dogs" et "donuts" pour les franglophones) il m'invites à dîner mercredi pour parler de la France. Pourquoi pas ! Bon, l'opération suit son cours, 15 heures, je m'ennuies maintenant. La technique est intéressante, une uretérosigmoïdostomie, qui consiste a utiliser un boût de colon, coupé dans sa longueur pour lui donner une forme pyramidale, et l'accoler à la vessie. Alors qu'il ne reste plus que le professeur et un interne, on me demande d'aider à l'opération ; assez étourdi et ennuyé par la longueur, j'acceptes, mais heureusement l'interne me rappele que je n'ai toujours pas d'assurance médicale. Si on ne veux pas être ruiné, tout médecin à une bonne assurance ici, les dommages et intérêts étant assez conséquente. Merci beaucoup de me l'avoir rappelé, inutile de prendre des risques financiers et juridiques inutiles. De toutes façon j'en avais assez, je vais aller faire de la clinique. En passant je téléphone à quelques assurances pour reprendre la tournée que j'avais fait à Toulouse, aucune ne veut m'assurer. Ils n'assurent pas les étudiant, c'est du ressort de l'universitée. Qui elle me renvoie vers une assurance privée. Il faudra que j'éclaircisses ça dans la semaine. En consultation, je ne verrai que 2 patients, en premier un tétraplégique de 70 ans ayant qun cholangiocarcinome, apparemment stoïque, venant consulter pour un calcul au rein droit. L'interne a beau dire « avec le peu de temps qui vous reste à vivre, considérer une telle opération n'est pas raisonnable, concentrez-vous sur la qualité de vie puisque c'est asymptômatique », il a très envie d'une opération. En effet, avant de lui donner son avis personnel, l'interne l'a laissé réfléchir 5 minutes (erreur fatale, car il est plus difficile de faire revenir quelqu'un sur la décision d'opération vu le parcours mental et l'acceptation de risques que ça implique). Un tel discours sur le peu de temps à vivre est assez irréel pour un européen comme moi, mais le patient n'est même pas ému. Le deuxième patient, une fillette de 7 ans consultant pour infections basses à répétitions et énurésie m'inspire plus. Elle se tient recourbée, présente des ecchymoses, est apparemment triste et peureuse ; je pense à un possible maltraitement ou a un Münchausen par procuration (vu le comportement bizzare de la mère qui consulte avec elle), mais l'interne et l'autre 3e année sont fixés sur un rénogramme, en discutant avidement pendant 5 minutes sans même regarder la patiente. Je trouve celà regrettable ; c'est à mon avis un manque dans l'approche sémiologique alors que l'enseignement sur place est si bien réalisé de ne pas évoquer de telles causes devant un tableau aussi coincidant. Mais bon, je me fais peut être des illusions et vois des enfants maltraités partout, mais n'y aurait-il qu'un risque sur mille qu'elle le soit, ce serait déjà trop et justifierait une interrogation par les soignants. On parle d'infection rénales, commencées à 6 ans, et personne ne parle de l'adrénarche ni de l'hypertrichose très marquée, je le ferais bien remarquer mais ils sont tous si plongés dans leur rénogramme à disserter sans fin sur une courbe gauche un peu trop pentue que je ne voudrai pas les déranger ! La journée se termine, je suis fatigué, je vais manger au Taco Bell ce soir, c'est un restaurant mexicain asez épicé, mais convenable et pas cher. On m'en a dit le plus grand bien le soir... en effet pour 3$ on a deux tacos, une tortilla et surtout 1/2 litre de pepsi !
Je suis plein, je vais dormir !
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