Elvis Presley après les Lecturesavion : voyages-voyages - Écrit le 2000-06-18 à 05:24:50BEEEP BEEEP comme chaque matin. 7h15. Ok je ne vais pas être en retardcette fois. Douche, chemise, cravate, stéthoscope, papiers plus ou moins utiles quitrainent dans les poches de la blouse blanche, badge bleu, et en route ! Je me repère bien maintenant sur le campus et dans l'hôpital ; je ne meperds pas une seule fois en me rendant au service. (Suite en cliquant sur « Donner votre avis ») Après une série de bonjours, je croise le professeur avec qui j'ai mangé au restaurant français l'autre jour : il m'apprend qu'il y avait un cours à 7h (pourquoi ces horaires changent tout le temps ?), m'informe qu'un programme des prochains cours sera disponible lundi (bonne idée) puis on fait une scéance de révision de lecture de radio. Dès le début, je me fais avoir : il avait mis la radio avec contrastant et attendait que je réclame la radio sans contrastant. Ce petit piège mis à part, on révise notamment la lecture des tissus mous, la signification des tâches sombres, du contour des psoas... Le temps passe hélas très vite, et la révision est terminée en me laissant sur ma faim. Dans la semaine, j'irai emprounter des bouquins d'anatomie radiologique. Tiens, une nouvelle personne dans le service. Apprenant qu'il vient de Toronto, je me demande comment il a fait pour ne pas s'évanouir avec la différence de climat ! Il a fait partie d'un échange avec l'UNC et depuis a gardé de bons liens ; professeur d'urologie à la faculté de Toronto il vient ce matin assister à une nouvelle technique de TURP. TURP ? Résection Prostatique Trans Uréthrale ! Et oui, moi aussi j'ai du apprendre ces termes bizzares les premiers jours, et il m'en reste beaucoup à découvrir sur les livres d'urologie et d'anatomie que j'ai emprunté ! Un visiteur médical a amené le matériel de démonstration, il s'agit d'une opération au laser omnium en lieu et place du traditionnel bistouri électrique. L'interne se charge de l'opération, avec son crâne rasé recouvert par une toque aux couleurs des Dodgers, une boucle d'oreille et un costume Saint Laurent il fait très bizzare :-) On se change tous en tenue verte, l'interne enfile lui un bolton en plus. Cathéter, endoscope, distribution de lunettes protectrices puis en route pour le laser. Il a déjà fait 3 opérations comme ça, et nous explique que l'intérêt est une plus grande vitesse d'exécution et moins de saignements. La résection se fait en arcs de cercle qui sont ensuite rasés à la base, ce qui est rapide, mais pour les saignements je doute. Au boût de 30 minutes, lassé, il reprendra le bistouri électrique pour faire des hémostases ; au débriefing j'apprend que le problème est sans doute venu de la trop grande rapidité dans l'application du laser, qui n'a pas eu le temps d'effectuer de coagulation. Tant pis, il est midi, je devais retrouver les autres 3e années pour manger ensembles, il n'y a personne, je vais m'acheter un sandwich a la cafétéria (que je trouverai presque du premier coup !) De retour au service, j'apprend qu'aujourd'hui il y a peu de clinique, mais que le professeur canadien va donner une lecture. La lecture est une partie très anglo saxonne de l'enseignement de la médecine : des internes et des résidents présentent des publications en compagnie de leur auteur, qui donne ensuite plus de précisions, et ouvre une scéance d'approfondissements sous la forme de questions réponses. Le rendez-vous est donné à la salle de cours de radiologie (que j'aurai plus ou moins de mal à trouver) Repus, bien assis, j'ai failli m'endormir plus d'une fois, mais je ne regrette pas d'avoir résisté ; l'exercice est intéressant, et l'assistance fait des commentaires censés. J'apprend par exemple qu'au lieu du Lupron (analogue de la GnRH), on donne du DES (diéthylstillboestrol) pour réaliser une castration chimique à faible coût dans le cancer de la prostate métastasié, et sans avoir les effets psychologiques de l'orchiectomie. On discute des pour et des contre, de l'inefficacité de la warfarine sur le risque thromboembolique induit par le DES, puis on conclut que cette inefficacité n'est pas formellement prouvée, et commencer à un tiers de la dose de DES réduirait certains effets dose dépendant (thromboembolie) mais pas d'autres, doses indépendants (hépatotoxicité) C'est compliqué, mais intéressant, à la croisée de la biochimie, de la pharmacologie et de la médecine. Après celà, je suis les étudiants pour effectuer ma première visite au lit du patient. Les chambres sont spacieuses, on est peu nombreux (4) et surtout il n'y a pas de professeur. Ici c'est le rôle de l'interne de s'occuper du patient. Sur la visite elle même, si elle est courtoise et explicative, attentive aux effets secondaires et aux plaintes, je la trouve très très brève. En moins de 2 minutes on passe d'un patient à l'autre ! Enfin, j'en profiterai pour apprendre la présentation des ionogrammes (ici nommés "electrolytes") sous forme de tableau standard, sans noms ni unités ; juste 4 colonnes et demi et 2 lignes. Après une explication par un 3e année local je trouves le système de tableaux standards pas bête, pour faciliter les calculs, les comparaisons et gagner du temps à la recopie. Tous en vert, avec nos blouses, on a vraiment l'air sérieux et sympathiques, surtout à 4 on est très hétérogènes : un caucasien, une asiatique, un afro-américain et un oriental. C'est beau le melting pot, j'en profite pour demander une photo en souvenir de ce moment. On m'apprend après la photo que c'est là le dernier jour dans le service des 3e années (qui sont en rotation) et de deux internes (qui ont finis leur études) ; on m'invite à la soirée de "graduation" le soir même... au restaurant français ! Un interne me conseille de venir bien habillé et hélas je réalise que je n'ai toujours pas reçu par la poste les vêtements supplémentaires... je vais au vestiaire quitter ma tunique verte, puis à ma chambre pour poser la blouse, et en route pour la soirée. Je suis un peu en avance, j'en profites pour repartir et lire le journal local. 10 minutes plus tard, je reviens et trouves le premier invité. Il est en "tuxedo", smoking, comme je découvrirai plus tard la plupart des invités. Avec mon costume cravate et mes chaussures de sport, ce n'est pas très élégant, hélas, je n'ai pas d'autres vêtements ! Demain j'irai en acheter au centre commercial, c'est nécessaire pour préserver la réputation de haute coutûre française :-) Sur place, on dîne encore une fois divinement, on parlotte, je rencontre un urologue new yorkais originaire... de Marseille (avec l'accent s'il vous plaît !), on plaisante, puis vient le moment des discours. Tour à tour, tous les professeurs et les internes vont parler de leurs deux camarades, en de très bon termes, apparemment très sincères (un des deux internes en a la larme à l'oeil). Blagues, remise de trophées, faux et vrais cadeaux, remerciement pour l'enseignement reçu, la soirée passe bien trop vite. J'en aurai profité pour apprendre à mieux connaître les internes restants à la table des étudiants, et compte bien mettre celà à profit lundi pour demander des explications sur certaines passages asser obscurs dans mes livres. Enfin, il est temps d'aller dormir, demain je sors avec Kelly à la fête du cochon de Hillsborough et je n'ai pas envie d'être dans le pâté ! DRING. 6h du matin. Qui ose me téléphoner ? Ça ne fait que 2 jours que j'ai emprunté un téléphone pour le mettre dans ma chambre ? C'est ma mère, elle m'appele de France pour prendre des nouvelles, me passe un copain, puis je leur dis l'heure locale et on se dit au revoir rapidement :-) De retour au dodo. 10h, j'émerge tout seul, puis j'appele Kelly pour la fête. Elle me rappelera lorsqu'elle sera prête. Ok, je vais donc prendre une douche... DRING. À moitié nu et trempé, je vais répondre ; on se donne rendez-vous dans 15 minutes en bas. Je finis ma douche, me sêche, puis descend ; on arrive en même temps en bas. Elle a invité une amie, d'après ce que je vois surtout pour lui emprunter sa voiture climatisée :-) En route pour la fête aux cochons. La route n'est pas très longue (1 h) les paysages verdoyants et magnifiques, à l'exception de câbles électriques assez apparents. On s'arrête dans un garage local pour refaire le plein ; la voiture de la taille d'une Mercedes consomme beaucoup plus, ce qui n'est pas grave au prix de l'essence. Vraiment, les stations service étatsuniennes sont bizzares. Enfin, on repart, heureusement avec la climatisation vu la châleur qu'il fait -- ce qui n'est pas gênant en soi car ici tout est climatisé. Une fois arrivé, scéance de beurrage à la crême à indice anti UV maximum. Il fait très très chaud, mais on va visiter les stands, c'est vraiment typique, il y a des stands de pompiers vendant des pins, des églises distribuant des papiers rétrogrades sur les moeurs, des motards, des fils de vétérans confédérés vendant des drapeaux et des souvenirs sudistest de la guerre de sécession -- j'achèterai plus tard dans l'après midi un grand drapeau sudiste pour 3$, ce qui fera éclater de rire un amie de Kelly :-) Il y a même des chiropracteurs offrant des consultations gratuites pour se faire de la nouvelle clientèle ! On avance, on voit les stands de nourriture ; passage obligé. Ici c'est barbecue "bbq" du sud des États Unis ; c'est de la viande grillée entre deux tranches de pain, avec diverses sauces. Le premier finira par terre à cause de ma maladresse :-) On va manger à l'ombre, et on regarde l'ambiance, excellente. Dans l'après midi on remangera plusieurs fois, des glaces, des épis de maïs... Enfin, voici la grande attraction : un imitateur du King ("Elvis impersonator") qui a rassemblé une foule immense. Il y a au moins 500 personnes, qui dansent, tapent dans leurs mains, crient au rythme des chansons du King. L'ambiance est formidable; on comprend là les racines du mythe. Selon l'organisation, il a fini 5e au concours mondiaux d'imitateurs d'Elvis. Pas mal, on s'y croierait vraiment. En faisant le tour des stands dans le sens inverse, on rencontre des amis qui font des photos. On s'arrêtera dans un bar pour rafraîchir (vive la climatisation) avant de repartir dans le chemin inverse. Arrivé à sa maison, on est crevés, on roupilles tous pendant 1 heure, puis je pars avec son amie au centre commercial. J'ai **BESOIN** de chaussures et d'une cravate supplémentaire, je devais recevoir un paquet par la poste, mais celui-ci se fait désirer et pour lundi je ne veux pas être mal habillé. Le centre commercial en dehors de la ville est plein de vie, de petites boutiques, et surtout sans grand supermarché en plein coeur. Il me rappele un peu le centre Eaton de Montréal, avec quelques étages en moins. Je commence par acheter des pommes pour mes petits déjeuner, et du Tide pour la lessive (c'est universel la poudre à lessive !) On fait différente boutiques avant de trouver ce qu'il me faut, ensuite il faut trouver la bonne taille : aux USA j'apprends que je chausse du 8 1/2 et que mon tour de cou est 15 1/2, mes bras 33 ... inches. Ils n'utilisent pas encore le système métrique, contrairement aux hôpitaux (heureusement que ces derniers en sont au système métrique, sinon j'aurais beaucoup de mal) Mes nouvelles acquisitions sous le bras, on s'arrête à la droguerie prendre de la pommade et du désodorisant. Ouf, tout est fini, j'ai dépensé au moins 100$, mais je suis fatigué, je ferai les comptes demain. En rentrant on fait une autre sieste de une heure, puis on parle de cinéma. Il y a un nouveau film avec Samuel Jackson que l'on se décide à aller voir. Le temps d'acheter le programme, les billets (drive-in ou normal ? je propose de commencer par un cinéma normal ne connaissant pas les drive in), de passer aller chercher mes lunettes... Avant la dernière scéance (21h40) je prends en même temps que mes lunettes des photos du match de football américain disputé dans le stade juste sous mes fenêtres. Allez, en route pour le film. Sur le chemin j'apprend qu'un permis de conduire américain coûte 10$, ce qui me donne l'idée de le passer les semaines prochaines. Vu la différence de prix entre le permis américain et européen, je ne risque pas beaucoup. Le film lui même, l'histoire d'un policier nommé Shaft, est violent à souhait, avec des meurtres, du sang, de la haine... on adore ! Après le film, à 23h30, on a du mal à trouver un restaurant ouvert ; ici tout ferme tôt. Finalement on trouve une sorte de texmex ; les fajitas et tacos sont très bonnes et peu chères. En mangeant dehors, je trouve un bel avantage au climat local : manger dehors la nuit sans claquer des dents. Mais bon, le jour en échange on a besoin de climatisation.
Voilà, il est tant de rentrer, elle m'invite à la "fete de le music"
francophone qu'il y a demain. Vu la bonne journée que l'on a passé,
j'accepte volontiers, je tapes ces quelques lignes puis vais me coucher.
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