Euthanasiereveil : Faites-moi-les-devoirs - Écrit le 2000-05-09 à 18:58:18Une lectrice anonyme écrit : «Bonjour, Je suis une élève d'un lycée à Casablanca au Maroc, je suis en train de faire une recherche à propos de l'euthanasie et je dois présenter les résultats le 16 mai 2000. J'ai effectuer plusieurs recherches sur le Web mais il me faut l'avis d'un psychologue. Alors pourriez-vous m'aider en répondant à ces quelques questions. Question n°1: Pourriez-vous me donnez une simple définition de l'euthanasie en tant que psychologue ? (Une définition qui pose surtout sur le côté psychologique). (Suite en cliquant sur Donner votre avis) Question n°2: Le suicide est un acte juridique que n'importe qui peut pratiquer. Mais, parfois, une personne qui est en phase terminale dans un hôpital ne peut pas commettre cet acte. En ce sens, ces malades sont différents des gens saints. Doit-on leur offrir le même droit au suicide qu'ont les personnes en bonne santé ? Question n°3: Pour ce fait, peut-on considérer l'euthanasie comme une forme de suicide indirecte ? Question n°4: Selon vous, comment est l'état psychologique d'un patient atteint d'une maladie incurable et qui souffre ? Question n°5: Dans ce cas, est-il apte à prendre une telle décision ? N.B: Je vous prie de m'envoyer les réponses à ces questions selon le même ordre et on les numérotant, avant la date signalée en haut de la page.» BREF RAPPEL : iMEDECIN NE SERT PAS À FAIRE LES DEVOIRS EN RETARD ! Bon, ceci dit... Tout d'abord je ne suis pas psychologue mais peut être qu'un psychologue lisant cet article pourra compléter. Ce ne sont que mes avis basés sur mes connaissances. 1) Définition : il faut différentier l'euthanasie active et la passive, aussi nommée «soins palliatifs». L'euthanasie active est l'acte délibéré de mettre fin à la vie d'une personne, de «eu» et «thanatos», soit «belle mort». Celà implique que la personne prenant cette décision se sente un droit moral sur l'issue de la vie de la personne et trouve qu'une mort douce soit préférable à sa vie actuelle, ce qui amène des considérations philosophiques et religieuses. Cet acte est interdit et réprimé, à de rares exceptions près (Oregon aux USA et Hollande en Europe) L'euthanasie passive correspond à une certaine forme d'abstention thérapeuthique : on ne soigne plus la maladie mais les symptômes. Celà implique que l'équipe soignante trouve la maladie et ses traitements trop durs a supporter, et préfère ne soigner que la douleur, le mal être (...) pour permettre de retrouver une qualité de vie. Celà ne cause pas la mort de manière directe, et c'est très important. 2) Le suicide médicalement assisté. C'est les exceptions dont je parles plus haut ; il faut faire attention au mot suicide : l'acte réprimé socialement et religieusement correspond à une volontée de la personne, peut être temporaire. Dans tous les cas si la temptative échoue le patient sera suivi psychologiquement et traité (non acceptance de la société) et s'il «réussit», l'enterrement religieux sera très difficile (non acceptance religieuse) Mis à part l'ordre moral, social et religieux, oui il existe et il faut la reconnaître un droit des personnes à disposer d'elles mêmes. Mais le fait même de vouloir ne plus utiliser ce droit par l'acte du suicide ne les en soustrait-elles pas ? De plus, pour avoir été aux urgences psychiatrique et assisté au «réveil» de nombreux suicidés, je peux t'affirmer que la plupart sont bien contents de vivre. Et oui, ils ne voulaient pas vraiment mourrir, juste mettre fin à une vague de douleur, de tristesse... et c'est important de compatir, sans pour autant vouloir abonder dans leur sens et ainsi ne plus se soucier de leur vie, en leur proposant de leur ôter. 3) Euthanasie et suicide L'euthanasie passive n'est pas un suicide en un quelconque sens, juste un changement d'axe thérapeutique. Le but du médecin n'est pas de soigner une maladie mais d'améliorer l'état du patient, les soins palliatifs vont dans ce sens. Pour l'euthanasie active, oui, je crois que c'est un suicide, avec en plus l'intervention d'une personne extérieure, ce qui fausse complètement la définition de cet acte. «L'autolyse» est l'émanation de la volonté d'un individu et sa réalisation nécessite d'en peser les conséquences et d'avoir un certain «courage», ce qui permet heureusement d'éviter de nombreux suicides. 4) État psychologique des incurables Je ne sais pas, il faudrait demander à un incurable ! Éventuellement si j'ai un cancer un jour je te ferai un article, mais je préfèrerai éviter :-) 5) Prise de décision Celà est développé dans les points 2 et 3 ; pour résumer le suicide est un acte individuel naissant d'un grand désarroi, et ne correspondant pratiquement jamais avec l'envie de mourrir. Il est important de ne pas céder à la temptation d'exhaucer le désir souvent non réfléchi de mort des malades, ni le soignant ni le malade n'est à mon humble avis apte à prendre la décision de mettre fin à sa vie, refusant en celà sa propre liberté. ...Et numéroter, et envoyer par courriel à l'adresse indiquée (masquée) je ne suis pas un travailleur gratuit ayant du temps à perdre
Ceci est une sorte de journal électronique destiné à discuter et à réfléchir ensembles ; je ne ferrai pas ton devoir et je te conseille par ailleurs de ne pas reprendre mes réponses qui ne sont qu'une réflexion personnelle et non ce que tu as demandé.
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